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Atelier sur les nourrissons incarcérés avec leur mère, DGAP-UNICEF, 10 et 11 octobre 2011

mardi 28 février 2012

La Direction Générale des Affaires pénitentiaires a récemment convoqué tous les directeurs des prisons du pays et leurs commissaires pénitentiaires assignés, ainsi que des représentants du Ministère de la Justice, des ONG et des bailleurs de fond, dans le but de réfléchir à la thématique des enfants incarcérés dans les prisons burundaises sans être eux-mêmes en conflit avec la loi. L’atelier de deux jours était soutenu par l’UNICEF.

Au Burundi, le Code de Procédure Pénale ne traite pas du tout des enfants de femmes détenues. De plus, il ne réserve aucun traitement d’exception aux femmes enceintes ou allaitantes. Tout au plus, le Règlement d’Ordre Intérieur des Etablissements Pénitentiaires définit que les enfants de détenues ont le droit de rester avec leur mère de leur naissance jusqu’à leur 3e année, mais il reste très vague sur les modalités de l’accueil. Cette situation pose de très nombreuses questions d’ordre pratique : comment occuper les enfants en prison, comment leur offrir une éducation, une alimentation et un processus de socialisation dignes de ces noms ? Que faire à partir de la 3e année de l’enfant, où le placer et comment gérer ses contacts avec sa mère détenue ?

Au cours des discussions, beaucoup d’éléments ont été mis en lumière. Ainsi, on constate que le nombre d’enfants détenus avec leur mère a presque triplé en 7 ans. De nombreux nourrissons actuellement en prison y ont été conçus et y sont nés, alors même que les prisons burundaises disposent toujours plus fréquemment de quartiers séparés pour les femmes. On remarque encore que dans ces cas-là, les enfants sont rarement reconnus par leur père, lequel est parfois un détenu, parfois un policier, et qu’ils sont peu acceptés par la famille de la détenue et éventuellement de son mari légal. Ces enfants sont donc stigmatisés et défavorisés à plusieurs reprises dès leur naissance, ce qui complique aussi bien leur socialisation que leur intégration et leur développement. Finalement, il semble que la situation doive encore être comprise à travers les pressions culturelles que les femmes vivent au Burundi et qui les poussent à devenir mamans pour s’accomplir et être estimées. En effet, de nombreuses femmes sont condamnées à des peines très lourdes (20 ans de SPP par exemple), ce qui risque de les priver de devenir maman à leur libération.

Tous ces facteurs, aussi divers soient-ils, concourent à expliquer et à mettre en lumière la gravité de la situation des nourrissons incarcérés dans être en conflit avec la loi.

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